Sanah Ben Mohamed « C’est une fierté de porter ce maillot.. »

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Formée à l’AS Saint-Priest, Sanah Ben Mohamed évolue aujourd’hui à l’Étoile Carouge, en Ligue nationale B suisse. La tunisienne est revenue dans cette longue interview sur ses débuts, son parcours, ses blessures et sa relation avec la Tunisie

Bonne lecture.

Sanah, j’aimerais d’abord savoir ce qui t’a amenée au foot. Parce qu’il y a encore quelques années, le foot féminin était un petit peu un tabou. Pour certaines personnes, ce n’était pas forcément très populaire. Aujourd’hui, ça commence à changer. Qu’est-ce qui t’a amenée là-dedans ? Qu’est-ce qui a fait que tu t’es dit : « Le foot, c’est pour moi » ?

Réponse : À la base, je n’étais pas habituée au foot. Je faisais du basket, de la danse hip-hop, tout ça. Ce n’était pas forcément fait pour moi, honnêtement. Après, j’ai mon frère et mon père qui sont fans de foot. Toute ma famille aime le foot, mes cousins aussi. Donc ma sœur jumelle et moi, on jouait beaucoup avec eux.

Un jour, mon père nous a emmenées à l’entraînement de notre petit frère. On s’est entraînées avec son équipe et on s’est dit : « Pourquoi pas ? » À l’époque, la section féminine de l’OL, à Lyon, était l’une des premières équipes 100 % féminines à se créer.

Du coup, on s’est dit qu’on allait essayer. Au fur et à mesure, on a vraiment kiffé. Et comme le groupe était 100 % féminin, c’était encore mieux qu’avec les garçons. Après, on a développé notre football là-bas.

Ensuite, je suis passée avec les gars. On faisait certains entraînements avec les gars et d’autres avec les filles, pour compléter. Et voilà, après, je me suis dit que j’étais faite pour ça. Ensuite, j’ai joué dans d’autres clubs.

Question : Tu as commencé à quel âge ?

Réponse : À 8 ans.

Question : Et quelles ont été tes premières impressions quand tu es entrée dans le monde du foot ? Est-ce que tu as eu un moment où tu t’es dit que ce n’était peut-être pas fait pour toi ?

Réponse : Non, au début, pas du tout. J’étais vraiment à fond dedans. Après, je me suis fait opérer des deux chevilles. J’ai donc dû tout reprendre à zéro.

À un moment, je me suis dit que j’allais baisser les bras. Je me disais : « Tant pis, je n’ai pas le goût de réapprendre à marcher, de réapprendre à faire une passe… » La rééducation était trop longue.

J’allais abandonner, mais mon père était toujours derrière moi. Il me disait de ne pas lâcher, que le travail finirait par payer. Après, j’avais aussi ma sœur jumelle, donc c’était plus facile, entre guillemets. Elle venait souvent avec moi et, comme on jouait ensemble, elle me disait : « Allez, viens, on va apprendre à refaire une passe. »

Du coup, ça a été plus facile, même si j’ai eu beaucoup de moments de doute.

Question : Dans certaines familles, le sport n’est pas forcément la priorité. Ce sont d’abord les études, puis le sport en dernier. Est-ce que ta famille était plutôt derrière toi pour te pousser à ne pas lâcher, ou est-ce qu’on te disait aussi de penser aux études ?

Réponse : Je suis un peu mitigée. Ma mère était à fond derrière mes études. Elle me disait de faire des études et de ne pas les abandonner. Mon père, lui, était vraiment à fond derrière le foot. Les études, il s’en fichait un peu. C’était vraiment deux ambiances différentes.

Mais ils ont quand même toujours été derrière moi. Mon père un peu plus, mais ma mère aussi, même si elle ne voulait pas que je lâche les études. Franchement, le sport n’a jamais été tabou dans ma famille.

Question : À quel moment tu t’es dit que tu pouvais en faire ton métier, que tu pouvais vraiment y arriver et jouer à un bon niveau ? À quel moment tu t’es dit : « J’ai quelque chose en plus » ?

Réponse : Quand on faisait les détections, les rassemblements pour les filles de la région, avec les meilleures joueuses, entre guillemets. C’est à ce moment-là que je me suis dit que je pourrais peut-être faire quelque chose.

J’étais souvent prise dans les détections et, à chaque fois, j’étais suivie par de gros clubs à Lyon ou aux alentours. Donc je me suis dit : « Pourquoi pas ? »

Question : Défenseur, c’est quand même un sacré métier. Il faut aller au charbon, faire le sale boulot et parfois rattraper les erreurs des autres. Il faut aussi aller au contact. C’était inné chez toi ou c’est venu avec le temps ?

Réponse : Non, ça a toujours été inné chez moi. À la base, j’ai commencé attaquante, mais j’ai vite compris que ce n’était pas pour moi.

Après, franchement, j’ai toujours été quelqu’un qui aime aider les autres, dans la vie de tous les jours comme sur le terrain. Je ne vais jamais pointer du doigt quelqu’un qui fait une erreur, que ce soit sur le terrain ou dans la vie.

Je suis aussi très physique. Je ne suis pas la plus rapide, mais je pense que défenseur, c’est vraiment fait pour moi.

Question : Tu en as d’ailleurs fait les frais avec ton nez. Tu t’es fait ça sur le terrain. Quand tu rentres à la maison avec des bleus ou des blessures, est-ce que ta famille s’inquiète parfois ? Est-ce qu’on te dit de te calmer un peu ?

Réponse : Ma mère me dit tout le temps : « Tu vas finir seule, tu ne vas jamais te marier tranquillement, tu vas être déformée ! »

Même moi, je vois les conséquences sur mon visage. Mais ça ne m’a jamais donné envie d’arrêter. J’aurais pu laisser mon cœur sur le terrain, je m’en fiche. Un bleu, ce n’est pas grave.

Question : Comment ça s’est fait avec l’Étoile Carouge ? Comment as-tu été repérée et qu’est-ce qui t’a donné envie de venir jouer ici ?

Réponse : J’étais suivie en sélection tunisienne, chez les M20. Mon sélectionneur m’avait dit que, si je voulais rester dans le circuit et tenter d’atteindre l’équipe A, il fallait que j’aille à un niveau supérieur. À un moment, les gens allaient forcément commencer à me regarder.

Un agent est donc venu vers moi. J’ai pris contact avec lui et c’est lui qui m’a conseillé Carouge, comme tremplin.

Après, je suis restée parce que j’ai kiffé les filles, j’ai kiffé le mood et tout. Il y a un super projet derrière. Je discutais aussi avec Jabriil, qui travaille pour Servette Chênois, et il m’avait dit qu’il y avait un super projet à Carouge, que ça travaillait bien et que ça avançait.

C’est vrai que c’est beau, ce qui se passe ici.

Question : Ça fait combien de temps que tu es ici ?

Réponse : Ça fait trois ans que je suis là. On va dire que je fais partie des plus jeunes, entre guillemets, puisqu’il y en a qui sont là depuis des années.

Elles ont vraiment eu du mental, parce qu’à l’époque, elles n’étaient pas forcément valorisées. Donc franchement, je pense que le plus grand mérite revient aux anciennes, surtout celles qui sont là depuis très longtemps.

Question : J’ai une fille qui joue aussi au football, donc je m’intéresse au foot féminin depuis longtemps. Quand j’étais jeune, il y avait beaucoup de machisme. Les filles n’avaient pas forcément leur place sur un terrain. On disait que ce n’était pas un sport pour elles. Après la Coupe du monde, je me souviens qu’une personne avait sorti une énorme bêtise en disant que, maintenant que la Coupe du monde était terminée, les femmes pouvaient retourner à la cuisine. Comment est-ce qu’on peut faire changer les choses ? Est-ce que tu trouves que ça a évolué dernièrement ?

Réponse : Je pense que ça a quand même évolué. Après, des gens qui n’acceptent pas que les filles jouent au foot, il y en aura toujours. Il y en aura partout.

Je pense qu’il faut simplement faire avec et ne pas forcément réagir à leurs réflexions. Il faut leur prouver le contraire, montrer que les filles peuvent aussi jouer au foot.

La preuve, nous, on joue sur des terrains adaptés aux garçons, avec des cages adaptées aux garçons et un temps de jeu adapté aux garçons. Et pourtant, on est là et on tient quand même.

C’est un football différent, mais on est là.

Question : Est-ce que tu penses que ce serait une bonne idée d’adapter le football aux femmes, par exemple en changeant la taille des terrains ou des buts ?

Réponse : Je suis mitigée. D’un côté, quand on joue sur des petits terrains, on se plaint. Mais pour ma part, non, je ne pense pas forcément qu’il faille tout changer.

Question : J’ai énormément de respect pour ce que vous faites. Vous avez toutes soit des études, soit un travail à côté. Le foot, ce n’est donc pas à 100 %, mais plutôt à mi-temps, entre guillemets. Vous vous entraînez quatre fois par semaine, c’est ça ?

Réponse : Oui, quatre fois par semaine, plus le match. Donc ça fait quand même cinq jours par semaine consacrés au foot.

Question : C’est presque autant que les professionnelles, mais avec un travail à côté. J’ai entendu dire qu’il y avait des joueuses qui étaient infirmières, certaines qui faisaient les nuits et qui venaient ensuite directement jouer les matchs. C’est un travail de fou. Vous travaillez presque plus que nous.

Réponse : Oui, il y en a qui sont policières, d’autres infirmières. Il y a plein de métiers différents. Certaines font des nuits, d’autres de grosses journées, puis elles viennent au foot.

Il y en a aussi qui posent des journées pour les déplacements. Ça demande du temps, de l’énergie et beaucoup de choses. Je pense que les gars n’auraient pas forcément accepté ça. Nous, on arrive à le faire, tout simplement.

Question : Comment est-ce que tu arrives à passer au-dessus de la fatigue quand tu arrives sur le terrain après une longue journée de travail ? Tu dois te dire : « Maintenant, je me bouge, j’ai 90 minutes devant moi », alors que tu as déjà travaillé toute la journée.

Réponse : Pour ma part, et je pense que c’est pareil pour toutes les filles, si on est là, c’est parce qu’on kiffe le foot. Malgré tout, on ne le prend pas comme un travail, mais plutôt comme un plaisir.

On vient pour kiffer, pour rigoler, pour toucher le ballon. On ne le prend pas vraiment comme un boulot, parce qu’on n’a pas de contrat et qu’on n’a rien en vrai.

Je pense qu’on le prend plus comme un plaisir. C’est donc plus facile de venir. On se dit que c’est le moment de décompresser, de rigoler. On est libres, plutôt que de venir parce qu’on est obligées.

Question : Comment s’est passée ta première sélection avec l’équipe nationale ? C’est quand même une sacrée fierté de représenter son pays, de porter le maillot avec l’emblème et de chanter l’hymne.

Réponse : J’ai été appelée avec les M20. Ma sœur y était déjà à la base. Je ne sais pas pourquoi, mais le coach m’a contactée et m’a dit de venir faire un essai, que ça ne me coûtait rien.

Je n’étais pas très sereine parce que je revenais de blessure. Je ne voulais pas y aller et me ridiculiser. Mais j’y suis quand même allée et, franchement, j’ai kiffé l’expérience. Lui aussi a apprécié, donc, au fur et à mesure, j’ai fait plusieurs rassemblements avec les M20.

Après, le coach m’a dit : « Tu sais quoi, je pense que tu as l’âge et les capacités pour passer avec l’équipe A. »

Je ne vais pas cacher que je n’ai pas eu beaucoup de temps de jeu en équipe première. C’est normal, il y avait des filles d’expérience, des filles de très bon niveau et des filles pour qui c’est le métier d’être là.

Mais franchement, c’était une très belle expérience. Si je pouvais le refaire, je le referais.

Question : Tu as encore une chance d’y retourner ?

Réponse : Je me fais opérer de nouveau, donc honnêtement, je ne sais pas. Je me fais opérer le 27 octobre. Après cette date, je pourrai peut-être reprendre, mais je ne sais pas encore jusqu’à quand. On verra. Pour l’instant, je suis là.

Question : Une autre joueuse vient aussi de se faire les croisés. C’est tellement dur. Comment est-ce qu’on fait, quand on est footballeuse, pour gérer une blessure ? Tu n’as plus l’adrénaline des matchs et des entraînements. Comment est-ce que tu tiens mentalement ?

Réponse : Ça met vraiment un coup. Franchement, je ne saurais pas trop le dire parce que, pour l’instant, je ne le vis pas forcément très bien. Je pense que Gwen non plus, donc je ne pourrais pas vraiment l’expliquer.

Mais voir nos coéquipières se donner à fond, ça remonte quand même le moral. Que ce soit Gwen ou moi, on est toujours là. Quand on n’était pas blessées comme maintenant, on essayait déjà d’être présentes au maximum.

Les voir kiffer et se battre les unes pour les autres, ça donne quand même un peu de force. Même si ce n’est pas facile.

Question : Quand tu passes autant de temps sur un terrain, que tu travailles à côté et que tu fais tous ces déplacements, comment est-ce que tu arrives à avoir une vie personnelle ? Comment est-ce que tu jongles avec tout ça ?

Réponse : Tu loupes quasiment la totalité des événements. Tu loupes les événements de famille, beaucoup de choses, ta vie sociale… Tes copines sont au foot, quoi.

En fait, ta famille, c’est le foot. Moi, je suis de Lyon, mais il y en a qui viennent de Paris ou de beaucoup plus loin. Forcément, on rate beaucoup d’événements, que ce soit en famille ou avec nos amis.

Il y en a qui veulent sortir pendant que nous, on est en déplacement. Le soir, on est à l’entraînement et, la journée, on travaille. Les week-ends, on est en déplacement. Donc forcément, ta vie, c’est surtout ton travail et le foot. Tu n’as pas forcément de vie à côté.

Question : Et le projet de l’Étoile Carouge, comment est-ce que tu le ressens ? Jusqu’où est-ce que tu penses que vous pouvez aller ?

Réponse : Je pense qu’on peut aller loin. On a eu beaucoup de recrutements cette année, notamment de jeunes joueuses.

Je pense que c’est vraiment pas mal pour le groupe, parce qu’à la base, on n’est pas une équipe très jeune. Le groupe était vraiment séparé en deux.

Mais là, je pense qu’on peut aller loin. Le club, malgré les moyens limités qu’il a, est quand même derrière nous et essaie de faire des choses.

On voit les efforts, même si on est parfois un peu dures. Le simple fait de nous mettre quelqu’un de compétent, c’est déjà un gros pas.

Je pense qu’on est reconnaissantes et que ça nous donne beaucoup de force.

Question : Justement, votre coach a joué au très haut niveau. Il a été l’un des plus jeunes joueurs à représenter la Suisse en Coupe du monde. Qu’est-ce que ça vous apporte ?

Réponse : C’est très valorisant, parce qu’on se dit qu’on a tout à apprendre avec un grand joueur.

Forcément, son parcours donne envie à plus d’une joueuse dans cette équipe, et même au-delà de l’équipe. On suit ses conseils. Les petites choses qu’on peut prendre, on les prend et on continue.

Franchement, c’est un très bon atout pour l’équipe.

Question : J’ai l’impression qu’il parle comme un père, comme si vous étiez ses filles. Est-ce que c’est aussi comme ça que vous le ressentez ?

Réponse : Oui, il est très positif. Il ne va pas pointer du doigt quelqu’un. Il va plutôt essayer de lui faire comprendre les choses, avec un peu de tact.

On est parfois très susceptibles, donc il faut savoir comment nous parler. Mais je trouve qu’il le fait bien, parce qu’il a ce côté humain que tous les coachs n’ont pas forcément avec les filles.

Comme je l’ai dit, c’est un football différent, un coaching différent et un management différent. Avec les filles, c’est parfois compliqué : il y a les humeurs, les émotions et beaucoup de choses qui rentrent en compte.

Je pense que le fait qu’il ait lui-même des filles joue aussi beaucoup. On se sent comprises. Si demain on a un souci, on peut aller lui en parler et il ne va pas nous juger.

Il est très ouvert, et c’est cool.

Question : Pour revenir à la Tunisie, quel a été le plus beau moment de ta carrière avec l’équipe nationale ? Est-ce que c’est le fait de revêtir le maillot, de chanter l’hymne ou de jouer tes premières minutes ?

Réponse : C’est déjà une fierté de porter le maillot, mais encore plus de chanter l’hymne de son pays. C’est aussi une fierté pour ses parents et sa famille.

Je dirais que le plus beau moment, c’était quand on est allées au Congo pour les qualifications des Jeux olympiques. On s’est qualifiées là-bas et, franchement, ça a été un moment inoubliable.

Ce n’était peut-être pas la plus belle victoire qu’on ait eue, ni le plus gros résultat qu’on ait remporté, mais le fait que tout le monde soit soudé, avec le long retour du Congo jusqu’en Suisse, c’était vraiment un pur plaisir.

Se qualifier avec tout le monde, c’était une vraie fierté.

Question : Tu as aussi joué avec ta sœur en équipe nationale. Ça fait quoi de jouer avec sa sœur, avec quelqu’un qui te connaît mieux que personne ?

Réponse : Franchement, c’est bien. On a toujours joué ensemble depuis qu’on est petites. On a été séparées quand elle est partie à Grenoble et que je suis restée à Lyon.

C’est vrai que ça nous manquait de jouer ensemble. Donc pouvoir jouer avec sa sœur, surtout pour son pays, c’est une très belle fierté.

Et puis, pour mon père aussi, c’est quelque chose d’énorme. Il doit être aux anges.

Question : Tu es aussi française, c’est ça ? Tu as donc la double nationalité. Tu aurais pu jouer pour les deux pays. Est-ce que c’est difficile, quand on a deux pays, de faire ce choix ? Est-ce que le cœur est partagé entre les deux ?

Réponse : Ma mère est algérienne, donc c’était plutôt entre l’Algérie et la Tunisie. Je n’ai pas la nationalité algérienne, mais ma mère aurait aimé que je la prenne pour pouvoir jouer pour son pays à elle.

C’était donc plus un choix entre l’Algérie et la Tunisie qu’entre la Tunisie et la France.

Mais mon père est plus foot. Il était vraiment derrière nous. Ma mère, c’était surtout pour dire qu’on allait faire la nationalité algérienne. Donc on va dire que le choix était plus simple.

Question : Tu penses que tu vas pouvoir revenir plus forte de cette blessure ?

Réponse : C’est la deuxième fois que je me fais opérer de la même cheville. Les médecins pensent que je pourrai reprendre le foot, mais à mes risques et périls.

Question : Mais tu veux reprendre ?

Réponse : Oui, j’aimerais. Mais le problème, c’est qu’ils ne m’opéreront pas une troisième fois. Donc, si ça relâche encore une fois, ce sera l’amputation.

Question : Donc ça pourrait être une fin de carrière ?

Réponse : Oui, c’est possible. Je n’ai peut-être pas vraiment le choix.

Question : Tu réfléchis quand même à reprendre, ou tu préfères ne pas prendre ce risque ?

Réponse : Je pourrais peut-être reprendre, mais pas à ce niveau-là. Si je reprends pour le plaisir, je ne risque pas grand-chose.

Je ne m’investirai pas comme je m’investis maintenant. Je ne serai pas là tous les jours. Je viendrai simplement pour le plaisir, de temps en temps.

Question : C’est jeune. C’est dur, parce que le foot a été toute ta vie jusqu’à présent. Comment est-ce que tu envisages ta reconversion ? Est-ce que tu te vois continuer dans le foot comme coach ou directrice sportive ?

Réponse : J’ai un diplôme de coach et je suis directrice sportive dans un autre club. Donc on va dire que je vis déjà du foot, même si ce n’est pas forcément en tant que joueuse.

Fin.

Interview réalisée par Lionel Piguet pour

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