Aigles de Carthage : Que retenir de la première liste de Mouine Chaabani

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Après une Coupe du monde complètement ratée, la première liste de Mouine Chaabani était particulièrement attendue. Beaucoup imaginaient une rupture profonde avec le groupe précédent. Le nouveau sélectionneur a finalement choisi une autre voie : réparer plutôt que démolir.

Les retours de Ferjani Sassi et Ali Maâloul, associés notamment à celui d’Aïssa Laïdouni, permettent de réintroduire expérience, caractère et leadership dans un vestiaire marqué par l’échec du Mondial.

Mais Chaabani n’abandonne pas pour autant la nouvelle génération. Arous, Nasraoui, Neffati, Cherni, Gharbi, Chouchane, Ayari, Tounekti ou Elloumi restent présents.

Le constat semble donc clair : le Mondial a été un échec, mais tout ce qui l’avait précédé n’était pas à jeter. Avant le tournoi, la Tunisie avait, pour rappel, réalisé une campagne qualificative remarquable, terminée sans défaite et sans encaisser le moindre but.

Neuf défenseurs et plusieurs possibilités tactiques

Avec neuf défenseurs convoqués, Chaabani dispose d’un secteur particulièrement fourni et de plusieurs profils polyvalents.

Amine Ben Hamida, notamment, peut évoluer comme arrière gauche mais également dans l’axe. Une polyvalence qui permet au sélectionneur de conserver son 4-3-3 habituel, tout en disposant de la possibilité de passer à trois défenseurs centraux selon les circonstances.

L’absence de Ghaith Zaalouni fait néanmoins parler. Le latéral droit et capitaine du Club Africain sort d’une saison conclue par le titre de champion de Tunisie. Chaabani lui a préféré Yann Valéry et Moutaz Neffati, déjà présents dans le groupe au Mondial.

Un choix qui peut s’inscrire dans une volonté de ne pas bouleverser immédiatement toute sa ligne défensive. Zaalouni reste néanmoins l’un des principaux candidats à suivre lors des prochains rassemblements.

Le cas d’Ali Abdi est différent. Ses récentes déclarations ont provoqué une polémique en Tunisie avant que le joueur de l’OGC Nice ne clarifie ses propos et présente ses excuses. Pour son premier rassemblement, Chaabani semble avoir privilégié un environnement apaisé, loin des polémiques, afin d’entamer son travail avec davantage de sérénité.

Un milieu entre expérience et créativité

Les retraites internationales d’Elyes Skhiri et de Rani Khedira obligent naturellement le nouveau staff à repenser l’organisation du milieu.

Le retour de Ferjani Sassi apporte une possibilité supplémentaire. Durant les qualifications au Mondial, en l’absence de Skhiri, il avait déjà évolué plus bas devant la défense dans un rôle de regista, participant à l’organisation de la première relance.

Avec Sassi, Aïssa Laïdouni et Mohamed Ali Ben Romdhane, Chaabani retrouve ainsi plusieurs options en matière d’organisation et d’impact au milieu.

Hamza Rafia, Anis Ben Slimane, Samy Chouchane et Ismaël Gharbi apportent quant à eux davantage de créativité. À noter que Gharbi peut également évoluer plus haut, notamment sur le côté gauche d’un 4-3-3.

En fonction des adversaires rencontrés, le sélectionneur disposera donc de plusieurs options pour composer son trio médian.

Nous aurions pu assister à une nouveauté dans ce secteur : Mohamed Trabelsi. Alors que le milieu du CS Sfaxien était pressenti pour figurer dans le groupe, sa blessure est malheureusement intervenue au mauvais moment. Absent lors des deux dernières rencontres de son club, il a vu ses chances de figurer dans cette première liste se réduire. Une reprise régulière de la compétition devrait rapidement replacer son nom parmi les candidats aux prochains rassemblements.

Une attaque où les cartes sont redistribuées

Avec Khalil Ayari, Sayfallah Ltaief, Elias Achouri, Sebastian Tounekti, Rayan Elloumi, Hazem Mastouri et Sadok Kadida, Chaabani dispose de plusieurs profils offensifs.

Sur les ailes, les options sont nombreuses, avec des joueurs capables d’apporter vitesse, percussion et mobilité. Dans l’axe, nous resterons également attentifs aux choix du sélectionneur national.

Sadok Kadida arrive avec la dynamique de ses performances au Club Africain. Après avoir parfaitement remplacé Firas Chaouat, il s’est installé comme l’attaquant numéro un du champion de Tunisie en titre et obtient sa première convocation avec les Aigles de Carthage.

Hazem Mastouri dispose, quant à lui, de quelques matchs de référence sous le maillot tunisien.

Après les difficultés offensives rencontrées par la Tunisie, l’attaque constituera aussi l’un des grands chantiers du nouveau sélectionneur.

Ni révolution, ni retour en arrière

Cette première liste ne ressemble finalement ni à une révolution post-Mondial ni à un retour vers l’ancienne génération.

Chaabani rappelle des cadres, conserve une grande partie des jeunes déjà installés et intègre de nouveaux visages. Une forme de passage de flambeau entre des joueurs qui connaissent parfaitement les exigences de la sélection et une génération appelée à prendre progressivement davantage de responsabilités.

La Tunisie s’est certes effondrée au Mondial, mais elle avait auparavant réalisé une campagne qualificative sans défaite et sans encaisser le moindre but.

La première mission de Chaabani sera donc de retrouver ces fondations, réintroduire de l’expérience autour de la nouvelle génération et progressivement construire sa propre équipe.

Plutôt qu’une révolution immédiate, cette première liste dessine les contours d’une reconstruction maîtrisée.

Les prochains matchs permettront désormais de découvrir les premières orientations de la nouvelle ère Mouine Chaabani.

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